Entre 1999 et aujourd’hui, plus d’un demi-million d’emplois industriels
ont été détruits en France.
L’une des causes principales de cette désindustrialisation,
c’est notre coût du travail qui est trop élevé par rapport à nos concurrents,
à commencer par nos voisins européens.
Comment pouvons-nous prétendre être compétitifs
lorsque le coût horaire du travail s’établit à 31,50€ en France
contre 28,90€ en Allemagne et 26,20€ dans la zone euro ?
Si le coût du travail est trop élevé en France,
c’est parce que le financement de notre protection sociale
repose très largement sur les salaires,
alors que la protection sociale profite à tous, salariés ou non.
Ainsi, 80% du financement de notre protection sociale
pèse sur le travail contre à peine plus de 60% en Allemagne.
Résultat, tout le monde est perdant en France :
les salaires nets sont moins élevés,
et embaucher coûte cher pour une entreprise.
Face à cette réalité, nous ne pouvons pas rester les bras croisés.
Notre devoir c’est de tout faire pour garder nos emplois,
surtout dans cette période de crise.
Une des solutions, Nicolas Sarkozy l’a esquissée lors de ses vœux du 31 décembre dernier,
c’est de baisser le coût du travail pour réindustrialiser notre pays.
C’est ce que les médias ont appelé la « TVA sociale ».
Je préfère parler de « fiscalité anti-délocalisation »,
parce que notre objectif est bien de dissuader nos industries
d’aller s’installer hors de nos frontières.
Cette idée consiste à transférer une part des cotisations sociales patronales
et salariales vers une fiscalité anti-délocalisation,
TVA ou CSG.
Le but est quadruple :
- protéger nos emplois, puisqu’en allégeant les charges sociales,
on réduit le coût d’une embauche ;
- renforcer la compétitivité de nos entreprises
qui verront leurs coûts de production baisser par rapport aux produits étrangers ;
- faire plus contribuer les produits importés
-dont nombre, pour leur fabrication, ne respectent pas les mêmes exigences sociales
et environnementales que notre pays- au financement de notre protection sociale ;
- rééquilibrer plus équitablement le financement
de la protection sociale sur les épaules de tous les Français.
Bien sûr, la gauche s’est empressée de critiquer cette mesure sans proposer d’alternative.
L’hypocrisie est grande au PS, à l’exemple de Manuel Valls,
directeur de la communication de François Hollande,
qui avait signé, le 7 octobre 2011, une tribune dans les Echos intitulée :
« Oui, la TVA sociale est une mesure de gauche ».
Il y affirmait que
« rejeter toute augmentation de la TVA […] constituerait une faute économique
et politique. »
Le voilà qui dit aujourd’hui que « ça n’a pas de sens.»
Preuve est faite que les critiques des socialistes
ne sont guidées que par des calculs politiciens.
La vérité c’est que cette mesure ne ruinera pas les Français.
Par exemple augmenter la TVA d’un point,
équivaudrait à baisser les charges de 8 milliards €
pour une répercussion mince sur le consommateur,
une hausse de moins de 1€ pour un caddie de 100€.
Et cette mesure a fait ses preuves : en Allemagne,
la TVA a été augmentée de 3 points en 2007 et les cotisations sociales ont été réduites.
Résultat :
son taux de chômage avoisine les 7%.
Pourquoi ce qui a réussi en Allemagne, échouerait-il en France ?
Beaucoup de détails restent à finaliser.
Laissons aux partenaires sociaux le soin
d’en discuter sereinement lors du sommet social du 18 janvier prochain
et de proposer au Président de la République un compromis à ce sujet acceptable par tous.
C’est tout à l’honneur de Nicolas Sarkozy de ne pas hésiter
à mettre sur la table une mesure qui peut paraître impopulaire
à quelques mois d’une élection cruciale.
L’urgence de la lutte contre le chômage commande
de faire passer l’intérêt général avant toute considération politicienne.













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